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Face aux déserts médicaux, de nouvelles missions pour les pharmaciens

Un avenant à la Convention nationale pharmaceutique définit les modalités selon lesquelles les officines vont être amenées à participer au déploiement de la télémédecine.


En 2017, l’Association nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF) avait publié un livre blanc dans laquelle ses membres – de futurs professionnels du secteur – esquissaient les contours du métier tel qu’ils l’imaginaient évoluer au cours des prochaines années afin qu’il réponde aux mutations de la demande et du marché. Dans leur exposé, ces jeunes aspirants évoquaient, entre autres pistes, celle de permettre au pharmacien de s’investir dans l’acte de santé de proximité pour compenser la sous-densité médicale qui affecte certains territoires ruraux. L’Anepf retenait notamment le projet d’une généralisation de la vaccination en officines et anticipait, pour ces dernières, la nécessité d’adapter leurs locaux à ces nouveaux services, quitte à y intégrer des espaces de santé spécifiques et confidentiels où des TROD (Tests rapides d’orientation diagnostique) pourraient, par exemple, être réalisés à l’écart de la clientèle et de la zone strictement dédiée à la vente de médicaments.

Aménager des espaces dédiés à la télémédecine

La plupart de ces idées se sont traduites en réalité concrète depuis deux ans : expérimentée dès 2017 dans deux régions (Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes), la vaccination contre la grippe réalisée en pharmacie est étendu cet hiver aux Hauts-de-France et à l’Occitanie, avant une application à l’ensemble du territoire national pour l’automne de 2019, tel que le prévoit d’ailleurs le dernier projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. Depuis 2018, les pharmaciens sont également habilités à dresser des bilans partagés de médication avec leur clientèle âgée atteinte de maladie chronique et/ou placée sous cinq traitements médicamenteux différents. Enfin, début décembre, à la faveur de la signature du quinzième avenant à la convention nationale pharmaceutique, le secteur a été intégré dans le champ de la télémédecine, désormais remboursée par l’Assurance Maladie : il s’agira, pour les officines qui le souhaitent d’organiser dans leurs murs ces actes de consultation à distance avec un médecin –par vidéotransmission- , contre le versement d’honoraires financés par la CNAM : 1 225 € la première année puis 350 € ensuite pour l’équipement, et une enveloppe de 200 à 400 euros en fonction du nombre de séances organisées par an.

La création et le transfert de pharmacies facilités

Cette diversification des activités s’inscrit dans une refonte juridique plus large qui vise aussi à simplifier les règles d’installation, de regroupement et de transfert de pharmacie pour permettre aux professionnels d’évoluer dans des structures agrandies et d’adapter leur modèle aux spécificités économiques et démographiques du territoire où ils exercent. A ce titre, l’ordonnance n° 2018-3 du 3 janvier 2018 allège les procédures administratives préalables à ce type d’opération et ouvre la possibilité de regroupements ailleurs que dans une des communes d’origine des officines concernées (article. L. 5125-5). De même, la disposition qui interdisait la cession d’une officine au cours des 5 premières années suivant son transfert (ou son regroupement) n’existe plus. Enfin l’ordonnance prévoit d’autoriser, dans certains territoires listés par les agences régionales de santé, des ouvertures de pharmacies sans condition de seuil de population, « notamment auprès d’un centre commercial, d’une maison de Santé d’un centre de santé ».