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Du crowdfunding pour financer l’achat d’une pharmacie

Une plateforme d’investissement va voir le jour en 2020 sous l’égide de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France. Objectif : collecter des fonds au sein même de la profession afin de soutenir les candidats à l’installation. Le modèle en sera participatif.

Avec une perspective de 20 000 départs en retraites à l’horizon 2030, d’importants appels d’air vont se faire sentir sur le marché de la vente de pharmacies au cours des prochaines années. Pour les jeunes diplômés qui souhaitent acquérir une officine, de nombreuses opportunités seront à saisir, notamment en milieu rural où les pouvoirs publics ont créé un environnement fiscal incitatif (des exonérations d’impôt sont notamment consenties dans les 15 000 communes répertoriées dans les zones de revitalisation). Pour accompagner ce mouvement, la Caisse d’Assurance Vieillesse des Pharmaciens (CAVP) a lancé en 2019 un fonds spécial de 20 millions d’euros distribués sous forme de prêts obligataires aux candidats qui peinent à réunir le capital nécessaire à leur installation (une quarantaine de jeunes en ont déjà bénéficié pour compléter leur apport personnel, voir notre précédent article à ce sujet).

Dans la même logique d’accompagnement, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) prépare le lancement prochain d’une solution inédite fondée sur le principe, encore innovant en France, du crowdfunding (ou financement participatif). Les modalités de cette plateforme – baptisée « Pharmequity » –  mettent à profit les possibilités offertes par le décret du 4 juin 2013 aux titulaires d’officine de créer des sociétés de participations financières (SPFPL) pour entrer au capital d’autres pharmacies gérées en SEL (Société d’exercice libéral), dans la limite de quatre.

Un ticket d’entrée de 20 ou 30 000 euros au capital d’une pharmacie

Les promoteurs du dispositif ont vite fait leur calcul et compte sur un « effet levier » démographique pour démultiplier les pistes de financement : mécaniquement, si chacun des quelque 30 000 gérants français en exercice dans le secteur choisit, sur la base de ces conditions réglementaires, de placer des fonds dans le projet d’installation d’un confrère, «  le nombre potentiel de prises de participation dans des pharmacies à vendre ou installer grimpe, dans l‘absolu, à 120 000 »  estime le président de la FSPF. Selon le principe du crowdfunding et, dans le cas présent, du «private equity » ( financement participatif sous la forme d’un capital-investissement, et non d’un prêt ou d’un don), l’outil repose sur une collecte d’argent et la mise en relation d’épargnants et de demandeurs : à la différence des investisseurs de proximité, de type Business angels qui débloquent de grosses mises de fonds et, de fait, s’impliquent fortement aux côtés de l’entrepreneur qu’ils financent – notamment lors de la phase stratégique d’amorçage- ,  Pharmequity mettra sur la table des sommes plus modestes, de quelques dizaines de milliers d’euros à partir d’un seuil compris, pour chaque offre, entre 20 000 et 30 000 euros. La collaboration entre les deux parties se limitera à la signature d’un pacte d’associés qui laissera au nouvel installé les mains libres et l’indépendance dont il a besoin  pour développer son activité.

Selon des modalités qui restent encore à définir, le contrat fixera, pour l’investisseur, une durée minimale d’engagement de 8 ans, délai au-delà duquel un rachat de parts pourra être opéré par le nouveau pharmacien titulaire à un prix convenu dès la souscription. A partir d’une échéance qui pourrait être fixée à 12 ans, le bailleur de fonds aura la possibilité de se retirer et de revendre son capital, indique encore la FSPF.